Je ne décore pas les écrans.
Je cultive des expériences avec ceux qui les vivront —
parce que les meilleurs projets ne se dessinent pas seul.
15 ans · 8 secteurs ·
Discovery → Delivery → Learning
Ce que je crois
Le design est vivant
Le design n'est pas un livrable figé — il respire, il évolue, il s'adapte.
L'émotion se mesure avec honnêteté
Observer sans interpréter. Mesurer sans réinterpréter. Être honnête avec ce qu'on trouve.
Le collectif est non-négociable
Les meilleurs projets ne se dessinent pas seul.
Le qualitatif d'abord
Observer avant de mesurer. Comprendre avant de compter.
Le WOW est un besoin comblé
Le WOW ne crie pas. Il se pose — c'est exactement ce dont j'avais besoin.
L'audace et la transparence
Oser remettre en question. Nommer ce qui ne fonctionne pas.
L'authenticité comme étalon
Être vrai avec le contexte, pas avec la théorie.
Ce qui m'a construite
Avant les interfaces, il y a eu les enfants.
Je viens de la psychologie — de cette curiosité pour ce qui se passe vraiment quand quelqu'un interagit avec ce qu'on a conçu pour lui. Mon premier terrain de jeu, ce sont les 3-12 ans. Des testeurs redoutables. Ils ne mentent pas sur ce qu'ils ressentent. Ils ne jouent pas le jeu de la politesse. Si ça ne marche pas, ils partent.
C'est là que l'exigence est née. Pas dans les méthodes UX — dans le regard d'un enfant de 7 ans qui ne fait pas semblant.
15 ans plus tard, la méthode a changé de terrain. Les enfants sont devenus des opérateurs industriels, des banquiers privés, des voyageurs pressés. Mais l'exigence est restée la même : observer ce qui se passe vraiment, pas ce qu'on espère qu'il se passe.
Ce que j'ai fait
Ce qui suit est une sélection — cinq projets, deux satellites. Une infime partie d'un parcours qui en compte bien davantage. Choisis non pas pour leur taille, mais pour ce qu'ils ont révélé.
+ de 500 testeurs · 8 secteurs · des projets qui ne se comptent plus
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Éducation / Entertainment
Mila raconte 1001 histoires
Taux d'attention multiplié par 4 entre la première et la seconde vague de tests. Les enfants ne racontaient plus seulement les mini-jeux — ils racontaient l'histoire.
#7 L'authenticité comme étalon -
Transport / Industrie
ALSTOM — Jeu de formation
Adoption immédiate par l'ensemble des équipes. Les opérateurs expérimentés révisent volontairement.
#5 Le WOW est un besoin comblé -
Transport public
SNCF — Refonte des bornes
Temps d'achat divisé par 5. Déploiement national après pilote.
#2 L'émotion se mesure avec honnêteté -
Finance / Banque privée
REYL — Onboarding banque privée
Adoption quasi-immédiate. Les résistants deviennent ambassadeurs internes.
#3 Le collectif est non-négociable -
Luxe / Retail
LVMH — Concept store
Projet abandonné. Deux expositions, exécution parfaite, zéro traction. Le marché a parlé.
#7 L'authenticité comme étalon
Ce que j'en tire
6 observations
Naissance de patterns, mais pas de règles absolues.
Ce que ces patterns ont en commun
Six observations. Des secteurs différents, des publics différents, des échelles différentes. Mais un fil conducteur : la vérité ne se trouve ni dans le brief, ni dans les certitudes de l'équipe, ni dans les benchmarks — elle se trouve dans l'observation honnête du réel.
Ces patterns ne sont pas des règles. Le digital évolue trop vite pour graver quoi que ce soit dans le marbre. Ce sont des questions à poser, encore et encore, sur chaque nouveau projet :
- —Est-ce que j'écoute comme il faut — ou comme je sais faire ?
- —Est-ce que le besoin qu'on m'a décrit est le vrai problème ?
- —Pour qui suis-je en train de construire — vraiment ?
- —Est-ce que j'adapte la méthode au cadre, ou j'applique un template ?
- —Est-ce que je lis cette donnée pour ce qu'elle dit, ou pour ce que j'espère qu'elle dise ?
- —Est-ce que le collectif parle — ou est-ce que je parle seule ?
Le regard vers l'avant
Ce qui précède, c'est ce que 15 ans m'ont appris. Ce qui suit, c'est ce qui m'anime — maintenant, demain, et pour les défis que je ne connais pas encore.
L'IA est une partie prenante
L'IA change notre métier. Pas en marge — en profondeur.
Elle nous libère des tâches à faible valeur ajoutée. Produire des écrans, ça ne m'a jamais définie — et si l'IA le fait plus vite, tant mieux. Ce n'est pas là que se joue la valeur du design. Ce qui me passionne, c'est ce que l'IA rend possible quand elle est bien cadrée : des terrains de jeu inouïs. Des explorations qu'on n'aurait jamais menées seule. Des itérations qui auraient pris des semaines, condensées en heures.
Mais l'IA ne remplace pas l'écoute. Elle ne remplace pas le moment où un testeur se ferme et où il faut trouver les mots justes. Elle ne remplace pas le regard d'un développeur qui voit une faille dans votre raisonnement. Elle ne remplace pas le collectif.
Ce qu'elle fait, c'est devenir une partie prenante du projet à part entière. Avec son propre rôle — challenger, accélérer, proposer. Comme un PM qui vous rappelle les contraintes, comme un dev qui vous dit « c'est faisable autrement ». L'IA a sa place dans la boucle. Pas au-dessus. Pas en dessous. Dedans.
Ce que j'attends des prochaines années : continuer à explorer ce que cette alliance humain-IA peut produire quand elle est au service de l'utilisateur — pas au service du rendement.
L'accessibilité comme défi créatif
Les réglementations d'accessibilité ne vont qu'évoluer, se préciser, se durcir. C'est une certitude. Et c'est une bonne chose.
Mais la question qui m'anime n'est pas « comment se conformer ». C'est : comment offrir du fun malgré des contraintes — ou grâce à elles ?
Le design inclusif et l'accessibilité ne sont pas la même chose, même si on les confond souvent. L'un pense au plus grand nombre dès la conception. L'autre garantit un socle technique de non-exclusion. Les deux sont nécessaires. Et les deux risquent de produire des expériences pensées par la contrainte plutôt que par l'intention — si on ne fait pas attention.
Ce qui me motive, c'est l'espace entre les deux : comment concevoir des expériences personnalisées, où les utilisateurs se reconnaissent, où ils peuvent manipuler l'interface à leur manière — sans dénaturer, sans limiter, sans imposer un modèle unique sous prétexte de conformité. Comment respecter les normes sans renoncer à la surprise. Comment faire que l'accessibilité devienne un terrain de jeu créatif, pas un formulaire à cocher.
Ce sont des défis immenses. Et chaque nouveau cadre est une opportunité de prouver que le WOW et l'inclusivité ne s'opposent pas — qu'un besoin comblé justement est, par définition, accessible.
Apprendre, transmettre, recommencer
Je n'ai jamais cessé d'apprendre. De chaque projet, de chaque équipe, de chaque personne avec qui j'ai travaillé. Les développeurs m'ont appris la rigueur. Les PMs m'ont appris les compromis. Les utilisateurs m'ont appris à douter de tout ce que je croyais savoir. Et les designers avec qui j'ai eu la chance de collaborer m'ont poussée à ne jamais considérer un standard comme acquis.
Ce que je veux pour la suite, c'est simple — et exigeant.
Des défis. Pas un secteur en particulier. Des sujets qui me sortent de ma zone de confort, qui me forcent à adapter la méthode à un cadre que je ne connais pas encore. Des contextes où le renouveau est la condition de départ, pas un bonus.
Des équipes. Parce que les relations sont ce qui donne du sens au travail. Vivre les projets avec les gens, pas à côté. Partager les victoires, les doutes, les moments où personne ne sait et où on cherche ensemble.
Et la transmission. Communiquer ma passion. Partager les tips, les erreurs, les convictions — avec d'autres designers, d'autres profils, d'autres générations. Pas pour donner des leçons — pour continuer la conversation.
Au fond, ce qui m'anime depuis 15 ans n'a pas changé : être utile. Et laisser, à chaque projet, une émotion positive — quelle qu'elle soit. Un sourire d'enfant devant un livre interactif. Un contrôleur qui veut « réviser pour le plaisir ». Un banquier qui défend la solution digitale comme la sienne. Un visiteur qui repart de ce book avec quelque chose.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, on a probablement des choses à se dire.
Mélanie
Head of Design · WOW × Lean